Déprise commerciale dans les territoires ruraux: de nouvelles recettes émergent !!

D’après l’ANCT, en 2021, plus de 21 000 communes rurales (soit 62% des communes françaises) ne disposaient d’aucun commerce, contre 25% en 1980. Cette déprise commerciale conduit à une perte d’attractivité de ces territoires ruraux, mais aussi, pour leurs habitants, à des difficultés d’accès aux services de la vie courante.

De très nombreuses communes tentent de répondre à cette tendance en lançant des Appels à Candidature visant à trouver un exploitant pour leur épicerie, leur café-restaurant ou leur multiple rural (on trouve des dizaines de cahiers des charges de ce type en questionnant les moteurs de recherche).

Est-ce la bonne solution ?

Manifestement pas toujours. Dans un rapport daté de novembre 2022 (Redonner vie au bistrot et dernier commerce dans les petites communes), la Banque des territoires détaillait l’expérience de 7 communes dont la majorité avait essuyé plusieurs échecs de reprise avec des opérateurs privés venus puis repartis au bout de quelques mois seulement, laissant la commune avec un lieu rénové à grands frais, sans opérateur et sans service rendu. Retour à la case départ.

Pourquoi ces échecs ?

Si chaque territoire et chaque cas de figure est singulier, on peut toutefois observer que les termes de la collaboration entre la commune et l’exploitant restent souvent peu contraignants pour l’exploitant qui n’a pas à s’engager sur le long terme et qui bénéficie d’un équipement clé en main, souvent fraichement rénové. Les communes peuvent donc avoir affaire à des tiers quelque peu opportunistes qui viennent « tester » une affaire et qui repartent si la profitabilité n’est pas suffisante. La plupart des opérateurs veulent pourtant bien faire mais ils se heurtent souvent à la fragilité de leur modèle et « surinvestissent » jusqu’à l’épuisement avant de finalement abandonner. Des offres privées alternatives, essayant de résoudre ces difficultés,  existent cependant comme celle proposée par Comptoir de Campagne. Il n’en demeure pas moins que les communes visées doivent avoir présenter des caractéristiques et un potentiel suffisant, ce qui laisse encore en marge de nombreux territoires.

Comment l’éviter ?

En l’absence d’initiatives privées, ces multiservices entrent en quelque sorte dans le champ du service public et deviennent des biens communs au service du bien vivre des habitants. Le caractère multifonctionnel de ces initiatives renforce la possibilité d’y adosser d’autres fonctions qui peuvent être culturelles, récréatives, sociales, intergénérationnelles, pédagogiques ou économiques selon la réalité des besoins du territoire. Dès lors l’hypothèse d’une gouvernance coopérative impliquant les habitants, les entreprises, les collectivités publiques et les associations devient pertinente. La Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) constitue à ce titre un véhicule idéal en ce sens qu’il permet d’impliquer toutes les parties prenantes du territoire dans le projet commun. Il permet aussi une ouverture du capital à des personnes physiques, des personnes morales de droit privé et des personnes morales de droit public.

Chez Ocalia, nous sommes convaincus que ces dynamiques coopératives, déjà très largement répandues dans la mouvance des tiers-lieux, pourraient bien apporter les réponses qui manquent aujourd’hui aux territoires qui travaillent à leur revitalisation.

 

Clin d’œil au Maire de Diges dans l’Yonne que nous accompagnons dans son projet de requalification de l’ancien café-restaurant du centre bourg où prendront place dès fin 2025 un nouveau restaurant, une épicerie de produits locaux, des gîtes et des espaces dédiés aux activités culturelles, festives et sociales du territoire, bref un tiers-lieu reconcentrant un ensemble de services pour faire revivre le coeur du village … tout en trouvant un modèle économique pérenne.  La réflexion quant au portage et à la place de la commune dans la gouvernance du tiers-lieu est toujours à l’étude.