Fabbike #2 : les fablabs artistiques

logo artistiquesOcalia a soutenu les 3 fabbikers de l’école centrale de Paris, qui ont parcourus, au cours de l’été 2016, près de 4000km en vélo, à la rencontre d’une trentaine de makerspaces à travers l’Europe : cet article fait suite à ceux publiés il y a deux semaines, que vous pouvez retrouver sur le blog. Trois des makerspace visités par les fabbikers peuvent être analysés sous l’angle de leur vocation artistique. Les makerspaces de cette catégorie se distinguent par les relations privilégiées qu’ils entretiennent avec les artistes, et la vocation qu’ils affichent de soutenir et accompagner les productions artistiques.

2 - carte artistiques

L’interactive Media Art Laboratory (iMAL) à Bruxelles, un centre de cultures et technologies digitales, héberge ainsi son propre fablab. Radiona, à Zagreb (Croatie), a été créé par un groupe d’artistes, et vise notamment à permettre à la ville de « retrouver » ses innovateurs, qui ont fui la dictature puis la guerre, en facilitant les échanges entre artistes et techniciens. Rampalab, à Llubjana (Slovénie), est un atelier d’artistes qui a incorporé des équipements pour un biolab et mis en place un partenariat avec un fablab proche pour bénéficier de ses équipements, le makerspace n’en possédant pas lui-même (il est équipé en tables et ordinateurs et de matériel de chimie de base, pour le biolab).

Le fablab de l’iMAL © e-bulles

Le fablab de l’iMAL © e-bulles

La place des artistes dans l’équipe est variable. L’iMAL propose des résidences d’artistes, accordées sur dossier. A Rampalab, les artistes participent à l’animation des ateliers, et deux artistes font partie de l’équipe de 7 personnes de la structure.

Dans leur présentation, chacun de ces espaces revendique sa particularité artistique par rapport à d’autres makerspaces existants dans leur ville d’implantation. Ces structures se servent de cette particularité pour assoir leur renommée dans le réseau des makerspaces. Ainsi, l’iMAL a organisé une exposition des œuvres belges en partenariat avec les autres fablabs. Sa dimension artistique motive les médias à le citer en exemple, comme Wired (USA), Artribune (Italie) ou Libération (France). Pour le Rampalab, c’est le partenariat avec l’artiste Jurij Krpan, reconnu en Slovénie, qui a participé à construire la renommée du makerspace.

Un atelier au Rampalab © Hana Jošić

Un atelier au Rampalab © Hana Jošić

Cependant, ces lieux demeurent des structures ouvertes largement : l’objectif reste d’encourager la création et la fabrication par tous types de publics, pas uniquement les artistes. Deux de makerspaces artistiques rencontrés par les fabbikers ont ainsi des projets de développement social en cours ou à court terme. Rampalab souhaiterait développer des ateliers à destination des enfants défavorisés et ceux éprouvant des difficultés à s’insérer dans le système scolaire. L’iMAL quant à lui est partenaire du projet Velo M², auquel participe également l’openfab (cf. article #1), visant à amener le concept des fablabs directement auprès des enfants défavorisés, et souhaite développer ses liens avec les associations à vocation sociale de Molenbeek (jouxtant le lieu). Ils sont déjà en lien avec le collectif Lutte contre les exclusions sociales (LES) et la maison des cultures et de la cohésion.

L’iMAL est également fréquenté de manière régulière par les étudiants en écoles d’art, et collabore avec les fablabs d’écoles d’ingénieurs tel que celui de Erasmus Hogeschool Brussel. A noter que certaines écoles d’arts hébergent des fablabs, intégrant ainsi la fabrication additive et la philosophie du détournement d’usage et de faire soi-même (do it yourself) à leur enseignement. C’est notamment le cas de l’Ecole Supérieure d’Art de l’Agglomération d’Annecy, qui a été accompagnée par Ocalia pour définir les scenarii d’évolution du positionnement de ce fablab.

Au niveau des modèles de financement, tous touchent des subventions publiques :

  • l’iMAL a touché du FEDER, et a mis en place des abonnements au mois ou à l’année (respectivement 45 et 200€), avec certains services payant en sus (10€/ heure d’utilisation de la découpe laser)
  • Radiona touchent des fonds du ministère de la culture, pour qui travaille la fabmanageuse, pour l’organisation des ateliers (il n’existe pas de subvention d’investissement), et propose un abonnement à 4,5€/mois
  • Rampalab est entièrement financé sur fonds publics (bourses et subventions)

Le maintien de ces lieux passe donc par la démonstration de leur utilité publique. Cette utilité peut s’apprécier à l’aulne de leurs actions sociales, que les trois makerspaces artistiques visitées par les fabbikers cherchent à développer. Compte-tenu de leur spécificité, l’utilité publique de ces makerspaces est avant tout définie par l’accès à l’art et à la culture qu’ils permettent. Au même titre que les écoles de musique ou de chant, ces lieux sont des ressources pour la création artistique. Enfin, la renommée de ces lieux, liée aux artistes qu’ils reçoivent (voire hébergent en résidence), contribue à la visibilité des territoires dans lesquelles elles sont implantées. Attirer la « classe créative », théorisée par Florida, est un des objectifs de ces lieux. C’est sur cette classe que reposerait le dynamisme des territoires, dans une économie du savoir.

En définitive, plus que le matériel de fabrication numérique à disposition, c’est la communauté artistique que ces structures peuvent rassembler qui importe, et sa capacité à rendre les habitants acteurs par le « faire », pour développer une citoyenneté active. L’identification des acteurs et réseaux culturels à mobiliser, et les liens à faire entre cette sphère de la société et le monde économique, sont à même de définir un positionnement original de ce type de lieux, y compris en milieu rural. C’est dans cette optique qu’Ocalia accompagne par exemple le projet Gare ! à Poix-Saint-Hubert (lire notre article du 25 janvier à ce propos), au cœur des Ardennes belges, avec une seconde phase en 2017 portant précisément sur l’identification des acteurs qui pourraient profiter d’un tiers-lieux ouvert, offrant des espaces de travail mais surtout de rencontre entre filières économiques clé et acteurs culturels. Son ouverture aux dynamiques entrepreneuriales territoriales est un élément distinctif par rapport aux lieux de diffusion et d’enseignement culturel « classique ». Ce projet de hub culturel propose une approche originale du développement économique par la culture et la valorisation des talents locaux.

Le fabbike tour : Tour d’Europe des fablabs européens. Un feuilleton en 5 épisodes

0 - logo fabbikeOcalia a soutenu les 3 fabbikers de l’école centrale de Paris, qui ont parcourus, au cours de l’été 2016, près de 4000km en vélo, à la rencontre d’une trentaine de makerspaces à travers l’Europe : on vous en a déjà parlé sur le blog les 2 juillet et 12 octobre dernier. Vous trouverez aussi d’autres informations sur leur voyage sur leur site, et en image sur leur profil youtube.

A partir des notes et analyses des fabbikers, l’équipe d’Ocalia vous propose un retour sur les différents makerspaces visités, selon leur positionnement stratégique, ou vocation première. En effet, les makerspaces n’ont pas de modèle unique, et leur vocation sont très diverses notamment en termes de public visé (enfants, entreprises, créatifs, amateurs passionnés…) et de rôle vis-à-vis des utilisateurs ou de la communauté (intégration sociale, développement de la créativité…).

Nous avons donc opéré une répartition par grande vocation, recoupant essentiellement ces deux questions (public cible et rôle du makerspace) :

  • les coopératifs : basés sur la communauté, ils ont souvent démarré petits, avec un effet boule de neige. Avec des modèles souvent frugaux, ils sont parfois militants ou poursuivent des objectifs d’intégration sociale
  • les artistiques : intègrent dans leur équipe, ou en résidence, des artistes, et visent à développer les aptitudes artistiques des utilisateurs ou membres
  • les universitaires : installés au sein des universités et destinés aux étudiants, ils sont un instrument pédagogique dans le prolongement des enseignements classiques, ou des outils au service du développement de la culture entrepreneuriale et de la conduite de projet
  • les professionnels : installés au sein des entreprises ou destinés à ces dernières, leur vocation est de servir l’innovation, avec en ligne de mire la mise sur le marché des fabrications
  • les lieux totem : visibles par leur lieu d’implantation, leur ancienneté, ils drainent une importante communauté composée de publics hétérogènes, et sont installés sur des surfaces souvent plus importantes

A travers d’une série d’articles, nous reviendrons sur les enjeux de ces structures : quels facteurs de réussite et quels freins à leur mise en place et à leur développement, pour accomplir les missions qu’elles cherchent à remplir vis-à-vis du principal public cible ?

Rendez-vous toutes les deux semaines pour un article consacré à chaque type de lieux ! Aujourd’hui, on démarre avec Fablab_coopératifs.

Fabbike #1 : Les fablabs coopératifs

Six des fablabs visités par les fabbikers peuvent être intégrés à cette catégorie. Bien entendu, l’ensemble des makerspaces a une dimension coopérative forte. Ce qui distingue les exemples suivants, c’est que cette dimension prend le pas sur les autres « missions » que peuvent remplir ces espaces.

1 - coopératifs carte 2L’importance de la communauté s’apprécie notamment par la genèse de plusieurs de ces fablabs :

  • la microfactory de Bruxelles a démarré autour de séances de bricolage proposées par un couple. Le projet a progressivement gagné en ampleur, se transformant en entreprise, qui compte aujourd’hui 43 membres
  • l’openfab de Bruxelles a été initié dans la cave de Nicolas, le fondateur. C’est aujourd’hui une association qui compte une cinquantaine de membres
  • le maakplek aux Pays-Bas, se positionne sur le segment amateurs, en complémentarité du SCN[1], qui a développé une offre dédiée aux enfants ; ils se définissent avant tout comme une communauté et propose donc un tarif d’adhésion au mois sans limite de temps
  • le ZB45 d’Amsterdam a fait ses débuts dans un camion et fédère aujourd’hui une centaine de membres, dont 30 réguliers

La vocation sociale est un des rôles assumés par ce type de makerspace : la kaasfabrike organise des ateliers à destination principalement des enfants de familles défavorisées, ne pouvant partir en vacances ; l’openfab travaille sur le projet Velo M² visant à amener le concept des fablabs directement auprès des enfants défavorisés également.

1 - coopératifs image 1

Le mini fablab, dans un garage à Utrecht, ou comment diminuer drastiquement les coûts fixes !

Plusieurs de ces fablabs refusent explicitement les subventions publiques, afin de garantir leur indépendance et pour s’obliger à mettre en place un modèle économique qui évite l’effondrement lorsque les subventions publiques se tarissent. Elles fonctionnent majoritairement à peu de frais et montent en puissance graduellement. La kaasfabrike a toutefois contracté un prêt initial de 60 000€, mais les autres structures fonctionnent par dons, et utilisent des machines hackées, parfaitement maitrisées par les équipes et/ ou communautés d’utilisateurs pour limiter les frais d’investissement. Pour la kaasfabriek d’Alkmaar (Pays-Bas), les coûts liés à l’immobilier sont extrêmement réduits étant donné que le makerspace est installé dans des containers sur une friche industrielle, ce qui comporte toutefois un risque important d’expulsion, le makerspace étant toléré sur le terrain. Les coûts immobiliers pour le mini fablab, né d’un défi personnel d’un des fondateurs de la Waag society (rendez-vous dans quelques semaines, pour l’article consacré aux lieux totem pour en savoir plus sur celle-ci !) sont nuls et ses frais d’investissement minimes : installé dans son garage, il a couté moins de 5000€ pour son équipement et aménagement. Concernant les coûts de fonctionnement, seules deux de ces structures emploient un ou deux fabmanager (respectivement la microfactory et ZB45), les autres sont animés par des bénévoles.

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Exemple d’aménagement convivial, à la micro factory de Bruxelles

Les enjeux de ces structures sont liés au dynamisme et à la pérennité des communautés : dans le cas de l’openfab, le déménagement a eu pour effet une diminution de la communauté, qui n’a pas « suivi ». En l’absence d’équipe salariée, les horaires d’ouverture du lieu dépendent de la disponibilité des membres des communautés d’adhérents. Les membres de la communauté doivent donc être de réels acteurs du lieu et pas seulement des utilisateurs/ consommateurs. L’un des défis principaux de ce type de structure est l’essoufflement de la communauté initiale/ des membres fondateurs. Pour maintenir la dynamique, le renouvellement de la communauté et son agrandissement sont des éléments clé. A ce titre, l’aménagement d’espaces conviviaux et un fonctionnement propices aux échanges, sont des facteurs de réussite.

Le « parrainage » pratiqué par l’openfab est à ce titre une bonne pratique qui mérite d’être citée : les nouveaux arrivants sont « stagiaires » le temps de trouver leurs marques et de comprendre le fonctionnement des machines. Ils sont ensuite autonomes (ils ont leurs clés). Ce fonctionnement permet d’une part de faciliter l’intégration des nouveaux arrivants, et d’autre part leur montée en compétences, y compris dans l’optique d’assurer utilisation sécurisée des machines.

[1] Le SCN est un centre d’accueil de loisirs pour les jeunes, comprenant des installations et du personnel encadrant pour l’électronique, les travaux manuels, la musique (studio d’enregistrement), la mécanique etc.

La Wallonie veut développer de nouveaux espaces de travail en milieu rural

Dans le cadre d’une mission de développement d’infrastructures d’accueil d’activités économiques confiée par la Région wallonne à la SOFINPRO (groupe Nivelinvest), le Ministre wallon de la Ruralité René Collin a souhaité que soit analysée plus spécifiquement l’implantation en zones rurales d’espaces répondant aux caractéristiques des nouvelles manières de travailler (NWOW).

Ocalia a été sollicité pour étudier la faisabilité et les conditions de mise en oeuvre de ces nouveaux espaces de travail en milieu rural afin que le Ministre et l’Agence du Numérique puissent lancer en 2017 un appel à projets pilotes.

En favorisant l’émergence de nouvelles infrastructures et de tiers lieux en milieu rural, la Région a pour objectif de dynamiser ces territoires et poursuit une double préoccupation : la création d’activité économique et la diminution des problèmes de mobilité vers les grands pôles d’attraction économique et administrative.

Des Tiers-lieux qui pourraient aussi jouer un rôle pour luttre contre les problème de couverture haut-débit

Des Tiers-lieux qui pourraient aussi jouer un rôle pour lutter contre les problèmes de couverture haut-débit

Après avoir précisé des concepts clés (tiers-lieux, coworking, télétravail, etc.) et abordé le contexte historique des nouveaux espaces de travail, Ocalia a analysé les enjeux de leur développement. Ils répondent non seulement à la double préoccupation mise en avant par la Région mais aussi à bien d’autres enjeux : améliorer l’attractivité territoriale, favoriser les projets de coopération à l’échelle locale, rompre l’isolement des travailleurs, favoriser l’innovation, développer de nouveaux services, etc.

Ensuite, partant du constat que la soutenabilité économique des espaces de travail partagés en milieu rural est rendue difficile en raison du faible potentiel d’utilisateurs, Ocalia a démontré qu’une diversification de l’offre est nécessaire. L’étude de plusieurs lieux emblématiques dans le cadre d’un benchmark a permis de le vérifier et de l’illustrer, de pointer de nombreux facteurs de succès ainsi que les écueils à éviter.

Enfin, Ocalia a pointé le nécessaire besoin de méthodologie et de rigueur pour développer ce type de projets. Monter un espace de travail partagé ne s’improvise pas et une approche purement immobilière et mobilière est insuffisante. Il s’agit d’une démarche complexe qui nécessite à minima de mobiliser une communauté locale et de bâtir une offre de services adaptée aux besoins identifiés sur le territoire.

“Gare!” : Un hub culturel au coeur des Ardennes belges

Aude Piette exploite avec sa soeur un hôtel restaurant (http://www.levaldepoix.com/ –  http://www.lesgamines.be/ ) à Poix-Saint-Hubert, au coeur des Ardennes belges. Elle a souhaité diversifier son activité et placer Saint-Hubert sur la carte des territoires innovants en développant un lieu de créativité en milieu rural sur le modèle des tiers-lieux. Il s’agit d’aménager l’ancienne gare de la ligne ferroviaire Bruxelles-Luxembourg qui jouxte l’hôtel. Le projet “Gare!” comporte deux axes principaux : un espace de travail partagé (coworking au vert, accueil d’entreprises, incubation, relais de services) et un espace culturel et de créativité (résidences d’artistes, makerspace, diffusion, lieu d’exposition et d’événements). L’objectif d’Aude est de proposer un lieu d’animation et d’innovation locale qui cultive un lien fort entre l’économie et la culture et qui s’appuie sur les savoir-faire locaux.

Fin 2015, Ocalia avait assisté Aude Piette dans le montage de son projet : coaching, analyse du contexte territorial, identification des partenaires et des potentiels locaux, approfondissement des premières hypothèses et orientations (services, publics cibles).  Des scénarios avaient été élaborés de même qu’un planning et un phasage de la mise en œuvre.

En 2016, Ocalia a poursuivi son travail qui a consisté à étudier la faisabilité de l’espace de travail partagé : soutien à l’élaboration du business plan, évaluation du potentiel et évaluation des besoins (par enquêtes et ateliers). Un travail important de communication et de sensibilisation a été mis en oeuvre et l’écosystème local mis en mouvement. Des préconisations opérationnelles ont été formulées pour pouvoir démarrer le coworking Gare. La société qui exploitera le lieu vient d’être créée par Aude.

Projet Gare! hub culturel , tiers lieux en wallonnie - ardennes

Projet Gare! hub culturel , tiers lieux en wallonnie – ardennes

En 2017 c’est le volet culturel qui doit être approfondi : diagnostic, mise en réseau des partenaires, approfondissement des liens filières (ESA, Galileo, filière bois), étude des besoins et préconisations opérationnelles (fiches actions / services / aménagements), communication et sensibilisation.

L’équipe d’Ocalia s’agrandit

Depuis janvier 2017, Pauline Marteau a rejoint notre équipe. Issue d’une formation à l’IEP de Lille en affaires européennes, Pauline accompagne les collectivités et services de l’Etat depuis 2012 pour l’élaboration et l’évaluation des stratégies territoriales, principalement en lien avec les fonds européens (programmes opérationnels FEDER-FSE, INTERREG, LEADER).

Pauline Marteau, nouvelle consultante du cabinet

Pauline Marteau, nouvelle consultante du cabinet

Travaillant en transversalité, elle a choisi de se spécialiser sur les usages et services numériques et les opportunités qu’ils constituent pour le développement des territoires : reconfiguration des rapports entre acteurs, impacts sur l’économie, possibilités de nouveaux services à la population… Sa conviction est que le développement numérique doit être anticipé pour être choisi

Loi pour une république du numérique: Open data et chèque numérique

loi pour une République numérique_

La loi pour une république numérique a été publiée au JO le 8 octobre 2016. Parmi les dispositions de ce texte, l’open data est entré en vigueur pour les collectivités, services de l’Etat ou organismes chargés de mission de droit public au 1er janvier 2017. Les documents concernés sont les documents administratifs mais aussi les bases de données ou encore les algorithmes sur lesquels se basent notamment les calculs pour l’obtention d’aides ou le calcul des impôts. Ces données doivent être mises à disposition en format ouvert. Le répertoire SIRENE est d’ores et déjà accessible gratuitement du fait de cette loi. L’obligation ne concerne toutefois que les collectivités de plus de 3500 habitants et les organismes de plus de 50 salariés, ce qui représente néanmoins un défi pour ces acteurs.  La plupart des décrets d’application de la loi sont encore à venir.

L’open data ouvre entre autres des opportunités pour le développement de nouveaux services et usages pour les citoyens. Cette perspective se matérialise notamment par la possibilité, instaurée par la loi pour une république numérique, d’adjoindre aux schémas directeurs territoriaux d’aménagement numériques (SDTAN) des stratégies de développement des usages et services numériques (SDUS).  Ces stratégies visent à « favoriser l’équilibre de l’offre de services numériques sur le territoire ainsi que la mise en place de ressources mutualisées, publiques et privées, y compris en matière de médiation numérique ». La loi Montagne du 29 décembre 2016 rend par ailleurs obligatoires ces SDUS pour les SDTAN dont le périmètre comprend des zones de Montagne. L’Etat devrait publier des Orientations nationales pour le développement des usages et des services numériques dans les territoires comprenant un guide méthodologique pour l’élaboration des SDUS, attendu en mars 2017. Ces orientations seront élaborées en co-construction avec les collectivités, mais également les médiateurs du numérique. Ces derniers, suite aux 4° assises de la médiation numérique, ont créé une coopérative, afin, notamment, de faciliter leur participation au débat public.

La médiation  numérique figure elle aussi en bonne place dans la loi et dans les dispositions du gouvernement. Ainsi, la secrétaire d’Etat au numérique a annoncé fin décembre 2016 la création de « chèques numériques » : expérimentés en Aquitaine, ils devraient être étendus au plan national au premier trimestre 2017. Sur le même concept que les chèques déjeuners, ils servent à financer des formations au numérique dans les espaces numériques publiques pour les fonctionnaires, les salariés d’entreprises etc.

L’ensemble de ces dispositions et dispositifs interpellent les territoires, pour animer des démarches de déploiement de services numériques pour tous, en mutualisant les moyens, notamment humains, pour une appropriation massive des services et des technologies.

 

Pour approfondir :

Loi pour une république numérique (légifrance)

République numérique : que change la loi du 7 octobre 2016 ? (Vie publique)

Rapport  sur les dispositifs  d’accompagnement des  collectivités locales à  l’ouverture des données publiques, 17 octobre 2016 (opendata France)

Une stratégie numérique pour l’agglomération de Bourg-en-Bresse

La toute récente CA3B (Communauté d’Agglomération du Bassin de Bourg-en-Bresse) est née le 1er janvier 2017 de la fusion de Bourg-en-Bresse agglomération avec 6 EPCI voisins et le syndicat mixte du Bassin de Bourg-en-Bresse (CAP3B). Ce nouveau territoire qui couvre aujourd’hui 76 communes et compte 130000 habitants doit faire face à de nombreux défis sociétaux, économiques et écologiques. Il doit aussi accélérer sa transition numérique. C’est à cet effet – et avec une volonté d’anticipation – que les élus du territoire ont confié, dès 2016, à Ocalia l’animation d’un vaste chantier collaboratif visant à bâtir, avec les acteurs du territoire, une stratégie numérique qui fera de CA3B, à l’horizon 2020, un territoire intelligent.

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Groupe de travail pour construire une stratégie partagée

Les travaux engagés dessinent aujourd’hui plusieurs scénarii qui peuvent être synthétisés comme suit :

  • Le premier scénario correspond à un premier niveau d’intervention. Il consiste à accompagner la construction de la grande agglo à travers une mutualisation des SI, l’acquisition d’outils collaboratifs et d’équipements permettant le travail à distance et le développement d’une plateforme de services dématérialisés à destination des administrés (compte famille).
  • Le second scénario, plus ambitieux, intègre les mesures du 1er scénario et propose d’accompagner plus largement la transition numérique du territoire. Il embarque un axe fort autour de la formation de tous les publics (entreprises et citoyens), un développement plus important de la plateforme de services (outils participatifs, open data, interfaces cartographiques, …), un accompagnement de certaines infrastructures (médiathèques, centres sociaux, EPN, …) vers l’intégration du numérique et du concept de tiers-lieu, un accompagnement à la transition numérique des acteurs économiques ainsi qu’un soutien de la filière numérique locale
  • Le troisième scénario, le plus volontariste, propose de faire du numérique l’un des axes majeurs de la stratégie de développement du territoire. Dans ce dernier scénario, le numérique et le concept de « territoire intelligent » supportent une véritable stratégie de marketing territorial. Il intègre les mesures des 2 premiers scénarii et prévoit la création d’un lieu totem qui embarquerait des dimensions économique, pédagogique, citoyenne et culturelle. Il impose la mise en place d’une gouvernance du numérique qui se décline par des moyens humains et financiers importants.

Dans le courant du premier trimestre 2017, les élus de la CA3B se positionneront sur l’un de ces 3 scénarii. Une feuille de route précisant l’ensemble des actions à conduire et les moyens à mettre en œuvre pourra alors être rédigée pour les 5 ans à venir.

Région Ile de France : fabrication additive et nouvelle stratégie industrielle

Souvent médiatisée pour ses usages grand public en lien avec les fablabs et les imprimantes 3D personnelles, la fabrication additive est en train de profondément bouleverser de nombreux secteurs industriels : transports, mécanique, santé, bâtiment, … Dans cette révolution en cours, les enjeux sont énormes en matière de transformations des modes de production mais aussi des métiers et des compétences.

Ferme d'imprimantes 3D - fabrication additive

Ferme d’imprimantes 3D – fabrication additive

Alors que les acteurs industriels, les centres de recherche et les universités franciliennes multiplient les initiatives, la Région a souhaité analyser la manière dont elle pouvait accompagner ce mouvement en lien avec sa nouvelle stratégie économique et d’innovation et en prolongement de sa nouvelle politique industrielle. C’est dans ce contexte que la Région nous a confié une mission visant à comprendre les enjeux de ce marché, analyser la situation en Ile de France, regarder les politiques menées par d’autres régions au niveau national et européen avec l’objectif d’identifier les leviers permettant de soutenir ce marché (cette filière ?) et définir les différentes modalités d’intervention possibles pour la Région en lien avec ses propres compétences.

Publication: Genève, une nouvelle étape vers le 1er réseau mondial de lieux de travail partagés

Le projet genevois porté par Sofies et Ocalia est au menu du numéro de Forum sur l’économie de partage, publié par la Confédération suisse. Cet article revient sur ce projet de coopération transfrontalière France-Suisse viant à créer le 1er réseau mondial de lieux de travail partagés couvrant l’intégralité d’un territoire. Quels sont les enjeux des lieux de travail partagés pour un territoire? Quels impacts un tel projet peut-il avoir et comment l’écosystème peut-il se mettre en place? Quelques éléments de réponse dans cet article.

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